L’histoire des Stan Smith

Stan Smith

Aujourd’hui, je vais vous parler de la Stan Smith, car j’ai succombé à la mode, comme à peu près toutes mes copines. L’autre jour, mon père voyait mes Stan Smith la semaine dernière et me dit :

-T’as des Stan smith ?

-Tu connais ?

-Tu rigoles, me dit-il, comme si je lui avais demandé s’il connaissait la tour Eiffel. Je savais que ces pompes étaient un peu anciennes, mais en voyant la tête de mon père, j’ai pensé qu’elles l’étaient peut-être plus que ça. Alors, je suis allée voir de plus près ce qu’il en était.

Plus célèbre pour ses chaussures de football à crampons, Adidas décide, en 1964, de créer une chaussure de tennis, sport alors en plein essor.  Ils font donc appel, pour superviser la création, à Robert Haillet, à l’époque numéro 1 du tennis français .

La paire de tennis Spring Court : avant la Stan Smith

La Stan Smith est une révolution par rapport à ce qui existait alors. A l’époque, les « tennis » étaient en toile. Les joueurs de tennis jouaient, avec des Spingcourt, chaussures en toile créées dans les années 30. La Stan Smith, elle, est en cuir et les petits trous permettent au pied de respirer. Mais sa particularité est son adaptabilité. Sa semelle, beaucoup plus épaisse que les modèles conventionnels, et son renfort du talon d’Achille en font un modèle tout terrain.

Puis, dans les années 70,  Adidas signe un contrat avec le joueur Stanley Smith, alors meilleur joueur du monde. En 1978, la chaussure est rebaptisée Stan Smith et son succès commercial la fait définitivement rentrer dans l’histoire. Dès les années 80, elle devient un véritable objet de mode. C’est la première fois qu’un article de sport est détournée de sa fonction originelle.

Stanley Smith

Le joueur de tennis Stanley Smith

D’autres personnages ont contribué, par la suite, à enrichir son histoire.  Les courants contestataires de l’époque s’en emparent, et les intègrent à leur style particulier. Ainsi, elle fut portée par les B-boys, les skinhead ou les hooligans dans les stades.

Passée en désuétude quelques temps, elle revient fortement vers la fin des années 80 grâce au groupe de rap Run DMC, avec qui Adidas fait un partenariat. Le groupe enregistre le morceau « my Adidas »  et lors de leurs concerts, toute la salle brandit sa Stan Smith en l’air. Dans les années 90, les hard rockers l’adoptent et la porte noire. En 1994, Michel Gondry du groupe de rap IAM en parle dans sa célèbre chanson « Je danse le Mia ».

En 1995, elle est au pied de Vincent Cassel dans le film de Matthieu Kassovitz la haine. Bref, la Stan Smith va et vient. Ringarde dans les années 2000, depuis un ou deux ans, elle est revenue fortement sur le devant de la scène.

Mon frère me dit qu’à Berlin , il reconnaît les Francais à leur Stan Smith!!! C’est drôle ! La célèbre chaussure se vend partout dans le monde, mais c’est en France qu’elle a le plus de succès. En France, il s’en écoule près de 70000 paires par an.

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Vincent Cassel dans le film « la Haine » en 1994

Catégories Culture, Journal

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