Les broderies de Marion Romain

Je viens aujourd’hui avec un post un peu particulier pour vous parler de broderie. J’ai décidé, il y a peu, d’ouvrir une rubrique « rencontres » dans laquelle je parle d’entrepreneuses ou d’artistes qui me touchent. Aujourd’hui, c’est Marion qui est à l’honneur. Je suis tombée par hasard sur elle en me baladant sur le blog de DMC. Ils mettaient en avant l’une de ses broderies pour laquelle j’ai eu un véritable coup de coeur. Il s’agit des deux personnages et leur pull jacquard ci-dessous.

J’ai une passion pour la broderie et pour l’illustration, alors vous imaginez que les broderies de Marion ne m’ont pas laissée de marbre. Le travail de Marion est à cheval entre la broderie et l’illustration. En plus, en tant qu’ancienne styliste, j’ai tout particulièrement aimé le soin qu’elle prenait à broder les vêtements et à imiter les textures.

Marion a bien voulu répondre à mes questions ci-dessous. J’ai sélectionné parmi ses broderies et photos celles que je préférais, mais, je ne peux que vous inviter à aller faire un tour sur son blog pour en voir davantage. Pour ceux qui ne seraient pas trop broderie, Marion fait aussi de très jolies photos que vous pouvez voir sur son compte Instagram.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Marion, j’ai 28 ans et je vis en Bretagne, ma région natale, où je suis revenue vivre après quelques années passées à Paris. J’habite non loin de la mer, qui me manque très vite lorsque je m’en éloigne… mais l’effervescence des grandes villes me manque aussi régulièrement ! Je tiens mon blog depuis 5 ans, c’est un espace sans prétention où je me sens libre de partager aussi bien mes créations, que le récit de mes escapades ou encore mes petits plaisirs du quotidien.

Comment es-tu arrivée à la broderie ?

J’ai toujours été plus ou moins accompagnée par la broderie traditionnelle, ne serait-ce que parce qu’en Bretagne, elle fait partie intégrante de la culture et du patrimoine, à travers les costumes bretons. J’ai toujours été fascinée par la beauté de la broderie « glazig », par exemple, qui est un type de broderie propre aux environs de Quimper, dans le Finistère. Poussée par cet intérêt, j’ai pris part, en 2014, à une journée d’initiation dans les locaux de l’école de broderie d’art de Pascal Jaouen, brodeur de renom… et les fils et les aiguilles ne m’ont plus jamais quittée depuis !

Comment définirais-tu ton style ?

Je me suis dès le départ détachée de la broderie décorative, des motifs. J’en garde les points de base, et j’y reviens régulièrement pour m’enrichir d’une nouvelle technique, mais ce qui m’intéresse, c’est vraiment de faire naître des personnages. Je conçois mes broderies comme des illustrations sur tissu, impliquant souvent un être humain et un animal, dont j’aime peindre la complicité, non sans un petit côté « image d’Epinal » complètement assumé, parfois. Ce qui me plaît le plus est de songer aux vêtements de mes personnages : je suis en recherche permanente de nouvelles textures pouvant se rapprocher des mailles d’un pull, du caractère chaleureux d’un vêtement d’hiver… C’est un terrain de jeu infini, et je prends chaque fois un temps fou à réfléchir à la manière dont je vais habiller mes personnages.

Vis-tu de la broderie ? As-tu pour but d’en vivre ou bien est-ce juste un passe temps ? Quels sont tes projets ?

Je ne vis pas de la broderie, et je considère que je n’en suis qu’aux prémices de ce que je souhaiterais explorer dans cette voie, mais je nourris quelque projet autour d’elle. J’ai beaucoup brodé ces deux dernières années, et je commence à m’être constituée une belle petite collection de personnages, alors la suite logique serait d’oser enfin franchir le pas pour ouvrir une boutique en ligne. Pouvoir vivre un jour de ce que je fabrique de mes dix doigts serait bien sûr extraordinaire, mais je n’en suis pas là !

As-tu d’autres passions ?

Tout ce qui touche à la création est susceptible de me passionner. Aujourd’hui, je me consacre surtout à la broderie et à la gravure, mais je suis avec beaucoup d’intérêt le travail d’autres créateurs sur d’autres supports, comme l’aquarelle ou le tissage, par exemple. Je pense que garder sa curiosité en éveil est ce qui permet de nourrir sa pratique au quotidien, et j’en ai besoin, même s’il ne faut pas se contenter de regarder ce que font les autres, au risque de ne plus oser créer soi-même.

Tu utilises le dessin dans tes broderies, dessines-tu autrement que pour broder ? ou as-tu appris à dessiner ?

Je suis une autodidacte, même si l’envie de reprendre des études en Arts me titille souvent. Aujourd’hui, j’ai quasiment troqué mes crayons de couleur contre des fils. Je pense que la broderie est arrivée à un moment où je ne ne trouvais pas, ou plus, dans ce que je pouvais dessiner sur papier, et que c’est simplement un médium qui est venu en remplacer un autre. Je dis donc souvent que ce que je fais, ce sont des dessins brodés, davantage que de la broderie. Désormais, quand une idée me vient et que j’ai envie de la dessiner, c’est presque toujours au service de la broderie. Il m’arrive de dessiner malgré tout sur papier, mais davantage pour consigner une idée avant qu’elle ne s’envole, car une seule broderie peut me mobiliser sur plusieurs dizaines d’heures de travail, et je ne peux pas aller plus vite que la musique !

Depuis deux ans, je fais également de la gravure, plus spécifiquement de la linogravure, qui pour le coup, me permet de retrouver le contact du papier. Ces deux manières de faire se complètent bien, et ça me plait assez de passer d’un médium à l’autre.

              

  

Catégories Rencontres

2 commentaires

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Merci pour tes mots Alix, je suis ravie d’ouvrir le bal avec cette nouvelle rubrique « rencontres » !

Merci Marion. Je suis ravie de commencer avec tes belles broderies.

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